L'histoire du jeu de société
On joue sur des plateaux depuis environ cinq mille ans. Des tombes égyptiennes aux jeux primés de cette année, chaque époque a laissé des jeux, des mécaniques et des auteurs que l'on retrouve encore sur nos tables. Voici cette histoire en six périodes, avec les jeux qui l'ont marquée, les grands prix et le marché d'aujourd'hui.
La frise chronologique du jeu de société
Antiquité : les premiers plateaux
Les plus anciens jeux de plateau connus viennent d'Égypte et de Mésopotamie. Les plateaux ont souvent survécu ; les règles, beaucoup plus rarement.
- Vers 3100 av. J.-C. – le senet (Égypte). Des plateaux fragmentaires retrouvés dans des sépultures de la Ire dynastie pourraient être des senet. C'est l'un des plus anciens jeux de plateau connus.
- Vers 2600 – 2400 av. J.-C. – le jeu royal d'Ur (Mésopotamie). Ses plateaux ont été découverts dans les tombes royales d'Ur, dans l'Irak actuel, lors des fouilles de 1926-1927. C'est le plus ancien jeu dont on connaisse les règles : elles ont été reconstituées dans les années 1980 à partir d'une tablette cunéiforme datée de 177 av. J.-C.
- Plus de 2 500 ans – le go (Chine). Sa plus ancienne mention écrite généralement admise relate un événement de 548 av. J.-C. Le plateau de 19 × 19 devient la norme sous la dynastie Tang (618-907). Le jeu passe ensuite en Corée, puis au Japon, où un décret l'autorise à l'aristocratie en 701.
- Vers le changement d'ère – le jeu des douze lignes (Rome). Ovide le cite dans L'Art d'aimer. Ce jeu de course aux dés serait l'ancêtre de la tabula, puis des jeux de tables comme le trictrac et le backgammon.
- VIe siècle – le chaturanga (Inde du Nord). C'est l'ancêtre connu des échecs. En Perse, il devient le chatrang, puis le shatranj après la conquête arabe.
D'autres familles de jeux remontent à l'Antiquité. Les dés figurent parmi les plus anciens objets de jeu, en Iran comme dans la vallée de l'Indus. Les jeux de semailles de la famille du mancala, dont l'awalé, sont attestés au moins depuis l'époque romaine. Les Romains pratiquaient aussi le ludus latrunculorum, un jeu de capture dont les règles exactes ne nous sont pas parvenues : les versions jouées aujourd'hui sont des reconstitutions.
Moyen Âge et époque moderne : échecs, cartes et jeux de parcours
Au Moyen Âge, les échecs gagnent l'Europe par le monde musulman, via l'Espagne et la Sicile. Les jeux de dés et de tables restent très pratiqués.
- Vers 1475 – la dame moderne (Valence, Espagne). Le poème Scachs d'amor est le premier document qui montre la dame avec ses déplacements actuels. Elle devient la pièce la plus puissante de l'échiquier : les échecs prennent leur forme moderne.
- XVe siècle – le tarot (Italie du Nord). Il naît comme un jeu de cartes, avec ses 22 atouts. Son usage divinatoire ne commence qu'à la fin du XVIIIe siècle, et l'origine égyptienne qu'on lui a prêtée est sans fondement.
- Renaissance – le jeu de l’oie. Ce jeu de parcours, probablement d'origine italienne, se répand dans toute l'Europe.
- XVIIe siècle – le trictrac à la cour de France. Ce jeu de tables y connaît une grande vogue. En anglais, le mot « backgammon » est attesté pour la première fois en 1647 ; le videau, le cube qui double la mise, n'apparaît que dans les années 1920, à New York.
- XVIIe – XVIIIe siècle – les dames sur 100 cases. On jouait auparavant sur un damier de 64 cases. Le damier de 100 cases, celui des dames internationales, n'apparaît qu'à cette période.
Le jeu devient un produit : naissance des grands classiques
Au XIXe siècle, le jeu de société devient un objet imprimé et vendu en nombre. En Angleterre puis aux États-Unis, des éditeurs publient des jeux de parcours, souvent porteurs d'une morale. Le lithographe américain Milton Bradley lance son premier jeu dans les années 1860 : c'est l'ancêtre du Jeu de la Vie. Le XXe siècle voit naître la plupart des classiques familiaux.
- 1904 – The Landlord's Game. L'Américaine Lizzie Magie obtient un brevet pour ce jeu conçu en 1903. Il illustre les idées de l'économiste Henry George et dénonce la rente foncière. Il est publié en 1906.
- 1935 – Monopoly. Charles Darrow découvre en 1932 une version populaire du jeu de Lizzie Magie et la commercialise. Parker Brothers lance Monopoly en 1935 et rachète le brevet de Magie pour 500 dollars.
- Début du XXe siècle – L'Attaque. Ce jeu français de stratégie à pièces cachées est à l'origine de Stratego, déposé comme marque aux Pays-Bas bien plus tard.
- 1948 – Scrabble. Alfred Mosher Butts, architecte au chômage, invente le Lexiko en 1931, puis le Criss-Crosswords en 1938, avec son plateau de 15 × 15 cases. James Brunot en rachète les droits et le baptise Scrabble en 1948.
- Fin des années 1940 – Cluedo. Imaginé par le Britannique Anthony E. Pratt pendant la Seconde Guerre mondiale, ce jeu d'enquête paraît au Royaume-Uni et aux États-Unis, où il s'appelle Clue.
- 1957 – La Conquête du Monde. Le réalisateur français Albert Lamorisse, auteur du film Le Ballon rouge, invente ce jeu de conquête. Parker Brothers le rachète et le sort en 1959 sous le nom de Risk.
Wargames, jeu de rôle, figurines et cartes à collectionner
Dans la seconde moitié du XXe siècle, le jeu de stratégie se diversifie. Le wargame de plateau, puis le jeu de rôle et le jeu de figurines, ouvrent la voie aux jeux de société modernes. Les premiers grands prix apparaissent.
- 1954 – Tactics. Charles S. Roberts publie ce qu'on considère généralement comme le premier wargame de plateau à succès commercial. Il introduit les pions en carton et la table de résolution des combats. Roberts est aussi à l'origine de l'éditeur Avalon Hill.
- 1974 – Donjons & Dragons. Gary Gygax et Dave Arneson créent le premier jeu de rôle commercial. Il dérive d'un wargame de figurines, Chainmail (1971). On n'y affronte plus les autres joueurs : on vit une aventure ensemble, guidé par un meneur de jeu.
- 1979 – le premier Spiel des Jahres. Le jury de ce prix allemand, fondé en 1978, récompense Hase und Igel (le Lièvre et la Tortue) de David Parlett.
- 1983 et 1987 – Warhammer. Games Workshop, fondé à Londres au milieu des années 1970, lance Warhammer en 1983, puis Warhammer 40,000 en 1987. Le jeu de figurines à assembler et à peindre devient un loisir à part entière.
- 1984 – Heimlich & Co. Wolfgang Kramer y invente la piste de score qui fait le tour du plateau. Elle devient un standard du jeu à l'allemande. Le jeu remporte le Spiel des Jahres 1986.
- 1988 – l'As d'Or. Le Festival international des jeux de Cannes crée son prix. Abalone le remporte en 1989.
- 1993 – Magic : l'Assemblée. Richard Garfield invente le jeu de cartes à collectionner moderne : chaque joueur construit son deck avec des cartes achetées en boosters. Le premier tirage est épuisé. Le jeu de cartes Pokémon suit au Japon dans la seconde moitié des années 1990.
La révolution du jeu à l'allemande
En Allemagne, une autre façon de jouer se forme dès la fin des années 1970 : peu de hasard, pas d'élimination, une interaction indirecte et plusieurs façons de marquer des points. On parle de « jeu à l'allemande » ou d'« eurogame ». Catane n'est pas le premier du genre, mais c'est lui qui le fait connaître dans le monde entier.
- 1995 – Les Colons de Catane. Klaus Teuber remporte le Spiel des Jahres avec ce jeu de commerce et de construction. Il dépasse les 30 millions de boîtes vendues et prend le nom de Catan en 2015.
- 1995 – El Grande. Wolfgang Kramer et Richard Ulrich signent ce jeu de majorités, Spiel des Jahres 1996.
- 2000 – Carcassonne. Klaus-Jürgen Wrede popularise la pose de tuiles : la carte se construit pendant la partie. Spiel des Jahres 2001.
- 2002 – Puerto Rico. Andreas Seyfarth y met en avant la sélection de rôles. Le jeu reste plusieurs années en tête des classements établis par les joueurs.
- 2004 – Les Aventuriers du Rail. Alan R. Moon remporte le Spiel des Jahres. Le jeu se vend à 250 000 exemplaires en neuf mois.
- 2005 – Caylus. William Attia, chez l'éditeur français Ystari, popularise le placement d'ouvriers.
- 2007 – Agricola. Uwe Rosenberg installe durablement le placement d'ouvriers. Le jeu reçoit en 2008 le prix spécial « jeu complexe » du Spiel des Jahres et le Deutscher Spiele Preis.
- 2008 – trois jeux, trois genres. Dominion invente le deck-building (Spiel des Jahres 2009). Pandémie popularise le jeu coopératif. Dixit, de l'éditeur français Libellud, remporte l'As d'Or 2009 puis le Spiel des Jahres 2010.
L'âge d'or moderne
Depuis 2010, l'offre se diversifie : jeux experts, jeux d'ambiance, coopératifs, escape games en boîte, jeux évolutifs. Le financement participatif permet à des projets très ambitieux de voir le jour. Les auteurs et éditeurs français sont de plus en plus présents dans les palmarès.
- 2010 – 7 Wonders. Antoine Bauza met le draft au centre du jeu : tout le monde joue en même temps. Il devient en 2011 le premier lauréat du Kennerspiel des Jahres.
- 2011 – Risk Legacy. Rob Daviau invente le jeu « legacy » : le matériel est modifié pour de bon d'une partie à l'autre. Pandemic Legacy Saison 1 (2015), signé avec Matt Leacock, prolonge l'idée et remporte l'As d'Or Expert 2016.
- 2015 – Codenames. Vlaada Chvátil renouvelle le jeu d'ambiance en équipes. Spiel des Jahres 2016.
- 2015 et 2017 – Gloomhaven. Isaac Childres finance son jeu par une première campagne participative en 2015 ; la seconde, en 2017, lève environ 4 millions de dollars. Sa suite, Frosthaven, dépasse 12,9 millions de dollars en 2020.
- 2017 – l'escape game en boîte. EXIT, d'Inka et Markus Brand, remporte le Kennerspiel des Jahres, et Unlock! l'As d'Or.
- 2017 et 2018 – Kingdomino et Azul. Le jeu de Bruno Cathala remporte le Spiel des Jahres 2017 ; Azul gagne l'année suivante le Spiel des Jahres et l'As d'Or.
- 2019 – Wingspan. Le jeu d'Elizabeth Hargrave, consacré aux oiseaux, remporte le Kennerspiel des Jahres.
- Années 2020. Cascadia (Spiel des Jahres 2022), Akropolis (As d'Or 2023), Sky Team (Spiel des Jahres 2024), Trio (As d'Or 2024) et Bomb Busters (Spiel des Jahres 2025) se succèdent au palmarès. En 2026, Dito! remporte le Spiel des Jahres et Toy Battle l'As d'Or.
Les jeux qui ont marqué l'histoire
Seize jeux, de l'Antiquité à nos jours, qui ont chacun changé quelque chose à la façon de jouer.
Le plus ancien jeu dont on connaisse les règles, grâce à une tablette babylonienne de 177 av. J.-C.
Il fixe le modèle du jeu familial à l'américaine : dés, parcours et achat de propriétés. Son inventrice n'a été reconnue qu'à partir des années 1970.
Il fait des lettres et du vocabulaire un vrai jeu de plateau, sur une grille de 15 × 15 cases.
Un jeu de conquête du monde inventé par un cinéaste français, devenu un classique sous son nom américain.
Le premier jeu de rôle commercial : on ne joue plus les uns contre les autres, on vit une histoire ensemble.
Le premier jeu de cartes à collectionner moderne. Chacun construit son propre deck avec des cartes en boosters.
Le jeu qui fait connaître le jeu à l'allemande dans le monde entier : commerce, négociation, pas d'élimination.
La pose de tuiles devient grand public : le paysage se construit tuile après tuile.
Des règles simples et 250 000 exemplaires vendus en neuf mois : une porte d'entrée vers le jeu moderne.
Après Caylus, il installe le placement d'ouvriers comme une mécanique majeure du jeu expert.
Le premier jeu de deck-building : le paquet de cartes se construit pendant la partie.
Il popularise le jeu coopératif : tous les joueurs gagnent ou perdent ensemble contre le jeu.
Un jeu d'imagination aux grandes cartes illustrées, primé en France puis en Allemagne.
Il popularise le draft dans le jeu de plateau et devient le premier Kennerspiel des Jahres.
Le premier jeu legacy : les règles et le matériel évoluent de façon définitive au fil d'une campagne.
Le symbole du financement participatif : une campagne tactique coopérative à très grand format.
Les mécaniques et les jeux qui les ont popularisées
La plupart des mécaniques modernes ont un « jeu fondateur ». Ce n'est pas toujours le premier à l'avoir utilisée, mais celui qui l'a fait connaître.
| Mécanique | Jeu qui l'a popularisée | Année | Principe |
|---|---|---|---|
| Stop ou encore | Can't Stop (Sid Sackson) | 1980 | On relance tant qu'on ose : continuer rapporte plus, mais un mauvais tirage fait tout perdre. |
| Piste de score autour du plateau | Heimlich & Co. (Wolfgang Kramer) | 1984 | Une piste numérotée fait le tour du plateau pour suivre les points de chacun. Elle est devenue un standard. |
| Enchères | Modern Art (Reiner Knizia) | 1992 | Les joueurs fixent eux-mêmes la valeur des choses en enchérissant les uns contre les autres. |
| Jeu de cartes à collectionner | Magic : l'Assemblée | 1993 | Chaque joueur construit son deck avant la partie avec des cartes achetées en boosters. |
| Contrôle de territoire | El Grande | Spiel des Jahres 1996 | Être majoritaire dans chaque région au bon moment rapporte les points. |
| Pose de tuiles | Carcassonne | 2000 | On pioche une tuile et on l'ajoute au paysage en raccordant routes, villes et prés. |
| Rôles cachés | Les Loups-Garous de Thiercelieux | 2001 | Chacun reçoit un rôle secret : il faut démasquer les traîtres, ou rester caché. Héritier du jeu Mafia, imaginé en 1986. |
| Sélection de rôles | Puerto Rico | 2002 | Le joueur actif choisit un rôle dont tout le monde joue l'action ; celui qui l'a choisi reçoit un bonus. |
| Construction de réseau | Les Aventuriers du Rail | Spiel des Jahres 2004 | On relie des villes en posant ses wagons, routes ou rails avant ses adversaires. |
| Placement d'ouvriers | Caylus, puis Agricola | 2005 | On pose ses pions sur des cases d'action souvent exclusives : une case prise est bloquée pour les autres. Quelques jeux plus confidentiels l'utilisaient déjà dans les années 1990. |
| Construction de moteur | Race for the Galaxy, puis Splendor | 2007 · 2014 | Chaque carte acquise rend les suivantes plus faciles à obtenir : on commence petit et on finit en trombe. |
| Deck-building | Dominion | 2008 | Tous partent d'un petit paquet identique et achètent des cartes pendant la partie pour l'améliorer. |
| Jeu coopératif | Pandémie | 2008 | Tous les joueurs gagnent ou perdent ensemble contre le jeu. Le Seigneur des Anneaux de Reiner Knizia (2000) l'avait précédé. |
| Association d'idées | Dixit, puis Codenames | 2008 · 2015 | Un joueur donne un indice ; les autres doivent retrouver la bonne carte ou les bons mots. |
| Draft | 7 Wonders | 2010 | On garde une carte de sa main et on passe le reste à son voisin. Le principe existait dans les tournois de Magic. |
| Roll & write | Qwixx | début des années 2010 | On lance des dés et on coche les résultats sur une feuille personnelle. Toute la tablée joue en même temps. |
| Legacy / campagne | Risk Legacy, puis Pandemic Legacy | 2011 · 2015 | Le matériel est modifié pour de bon au fil d'une campagne : autocollants, cartes détruites, règles qui changent. |
| Escape game en boîte | EXIT, Unlock! | 2016 · 2017 | Des énigmes à résoudre ensemble, en temps limité, sur le modèle des salles d'évasion. |
| Bag-building | Les Charlatans de Belcastel | Kennerspiel 2018 | Comme le deck-building, mais avec des jetons tirés d'un sac que l'on enrichit pendant la partie. |
| Jeu de plis | The Crew (version coopérative) | Kennerspiel 2020 | Chacun joue une carte, la plus forte remporte le pli. Une famille très ancienne (tarot, belote) ; The Crew la rend coopérative. |
Chaque mécanique a sa page, avec son principe, nos conseils pour débuter et tous les jeux disponibles : retrouvez-les sur notre page mécaniques de jeux de société, des jeux de course aux jeux asymétriques en passant par les jeux narratifs et les jeux de rapidité.
Les auteurs qui ont marqué le jeu
Longtemps anonymes, les auteurs de jeux sont aujourd'hui cités sur les boîtes. Quelques noms incontournables :
- Wolfgang Kramer (né en 1942, Allemagne) – cinq Spiel des Jahres (1986, 1987, 1996, 1999, 2000), dont El Grande ; inventeur de la piste de score autour du plateau.
- Klaus Teuber (1952-2023, Allemagne) – ancien prothésiste dentaire, auteur de Catane et de quatre Spiel des Jahres (1988, 1990, 1991, 1995).
- Reiner Knizia (né en 1957, Allemagne) – plusieurs centaines de jeux publiés, Keltis (Spiel des Jahres 2008) et un Seigneur des Anneaux coopératif dès 2000.
- Alan R. Moon (né en 1951, Royaume-Uni) – Elfenland (Spiel des Jahres 1998) et Les Aventuriers du Rail (Spiel des Jahres 2004).
- Richard Garfield (né en 1963, États-Unis) – docteur en mathématiques, créateur de Magic : l'Assemblée (1993) et de King of Tokyo (2011).
- Bruno Faidutti (né en 1961, France) – Citadelles (2000), Diamant et Mascarade.
- Uwe Rosenberg (né en 1970, Allemagne) – Bohnanza, Agricola (2007), Le Havre et Patchwork.
- Matt Leacock (États-Unis) – Pandémie (2008), Pandemic Legacy (2015) et Daybreak (Kennerspiel des Jahres 2024).
- Donald X. Vaccarino (États-Unis) – Dominion, inventeur du deck-building, et Kingdom Builder (Spiel des Jahres 2012).
- Antoine Bauza (né en 1978, France) – 7 Wonders (premier Kennerspiel des Jahres, 2011), Hanabi (Spiel des Jahres 2013) et Takenoko (As d'Or 2012).
- Bruno Cathala (France) – Kingdomino (Spiel des Jahres 2017) et Dragomino, avec Marie et Wilfried Fort (As d'Or Enfant 2021).
- Vlaada Chvátil (né en 1971, Tchéquie) – Through the Ages (2006), Galaxy Trucker (2007) et Codenames (Spiel des Jahres 2016).
- La nouvelle génération française – Théo Rivière, Ludovic Maublanc et Corentin Lebrat créent souvent à plusieurs mains, comme pour Draftosaurus, signé à quatre avec Antoine Bauza.
Une quarantaine d'auteurs ont leur page chez nous, avec leur parcours, leurs récompenses et par quel jeu commencer : tous nos auteurs de jeux de société. Les illustrateurs comptent aussi : Vincent Dutrait, Naïade ou Miguel Coimbra donnent leur identité aux boîtes que vous reconnaissez au premier coup d'œil. Découvrez-les sur notre page illustrateurs de jeux de société.
Les grands prix du jeu de société
Spiel des Jahres (Allemagne)
Le jury est fondé en 1978 et décerne son premier prix en 1979 à Hase und Igel, de David Parlett. Il récompense chaque année un jeu familial. Derniers lauréats : Sky Team (2024), Bomb Busters (2025) et Dito! (2026). Le jury remet aussi un prix pour les enfants, le Kinderspiel des Jahres.
Kennerspiel des Jahres
Créé en 2011 pour les jeux « connaisseurs », un cran plus exigeants. Premier lauréat : 7 Wonders. Suivent notamment EXIT (2017), Les Charlatans de Belcastel (2018), Wingspan (2019), The Crew (2020), Living Forest (2022), Challengers! (2023), Daybreak (2024), Endeavor: Deep Sea (2025) et Rebirth (2026).
As d'Or (France)
Le prix du Festival international des jeux de Cannes est créé en 1988 ; Abalone le remporte en 1989. Depuis 2005, il s'appelle « As d'Or – Jeu de l'Année », après sa fusion avec le label Jeu de l'Année. Il comprend aussi des catégories Enfant, Initié (depuis 2022) et Expert. Lauréats récents : Azul (2018), The Mind (2019), 7 Wonders Architects (2022), Akropolis (2023), Trio (2024), Odin (2025) et Toy Battle (2026).
Ces prix servent de repères à de nombreux joueurs. Retrouvez tous les lauréats disponibles chez nous sur notre page jeux de société primés.
Le jeu de société aujourd'hui
Selon Circana, les ventes de jeux de société en France ont dépassé 624 millions d'euros en 2025, en hausse d'environ 4 % sur un an et d'environ 20 % par rapport à 2019. Plus de 37 millions de boîtes ont été vendues, soit environ 70 par minute.
À côté du jeu de société, deux univers ont pris une place considérable. Les jeux de cartes à collectionner, nés avec Magic en 1993, connaissent selon Circana une très forte croissance en 2025. Les jeux de figurines, héritiers du wargame et de Warhammer, réunissent une communauté qui assemble, peint et joue en tournoi.
Le jeu se découvre aussi hors de chez soi. Cafés-jeux, festivals, associations et boutiques spécialisées permettent d'essayer avant d'acheter, de se faire expliquer une règle et de rencontrer d'autres joueurs. C'est ce que nous faisons chez L'Antre Temps, à Thionville : conseiller, faire jouer, et organiser tournois, ateliers et soirées jeux.
Envie de passer de l'histoire à la pratique ? Parcourez nos jeux en famille pour jouer à tout âge, ou nos jeux experts pour les héritiers de Puerto Rico et d'Agricola.
Questions fréquentes
Quel est le plus vieux jeu de société du monde ?
Le senet égyptien fait partie des plus anciens : des plateaux qui pourraient en être datent d'environ 3100 av. J.-C. Le jeu royal d'Ur (vers 2600-2400 av. J.-C.) est le plus ancien jeu dont on connaisse les règles, grâce à une tablette babylonienne de 177 av. J.-C.
Qui a vraiment inventé le Monopoly ?
Le Monopoly dérive de The Landlord's Game, conçu par l'Américaine Lizzie Magie et breveté en 1904 pour dénoncer la rente foncière. Charles Darrow en a commercialisé une version populaire au début des années 1930. Parker Brothers a lancé Monopoly en 1935 et racheté le brevet de Lizzie Magie pour 500 dollars.
Qu'est-ce qu'un jeu à l'allemande ?
C'est un style de jeu né en Allemagne à la fin des années 1970 : peu de hasard, pas d'élimination des joueurs, une interaction indirecte et plusieurs façons de marquer des points. On l'appelle aussi eurogame. Catane (1995) l'a fait connaître dans le monde entier.
Quel a été le premier Spiel des Jahres ?
Le jury a été fondé en 1978 et a décerné son premier prix en 1979 à Hase und Igel (le Lièvre et la Tortue), de David Parlett. Catane ne l'a remporté qu'en 1995.
Pandémie est-il le premier jeu coopératif ?
Non. Le Landlord's Game proposait déjà des règles coopératives au début du XXe siècle, et Le Seigneur des Anneaux de Reiner Knizia est sorti en 2000. Pandémie (2008) a popularisé le genre.
Quel est le premier jeu de cartes à collectionner ?
Magic : l'Assemblée, de Richard Garfield, sorti en 1993. Il a créé le modèle du jeu de cartes à collectionner moderne, repris ensuite par Pokémon et beaucoup d'autres.
Le jeu de go a-t-il vraiment 4 000 ans ?
Ce chiffre vient de légendes. Les premières mentions écrites datent du VIe au IVe siècle av. J.-C. : on peut dire que le go a plus de 2 500 ans.
• 4x sans frais 